Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 10:24







Passager éphémère, espère le solstice d’été, pose sur les docks ton sac de chimères.
Six mois de pause dans ton périple, Titanic Bar, Comté de Cork.

J’ai aperçu les bords du monde, lorsque je faisais la route.
Faudrait l’écrire à l’encre-nuit dans la poussière noire de la soute.
Tu avais les yeux nuages, Tu n’allais jamais sur la lande.
Tu riais à mes facéties, sans les comprendre…
Pourquoi, faut-il toujours partir ?
Ne pas dormir, ne pas vieillir…
J’ai aperçu la fin des jours, lorsque je vivais en mer.

Passager clandestin, espère le solstice d’hiver, pose sur le pont ton sac d’illusions.
Six mois de mer dans ton voyage, Port de Dingle, le vent fraîchit.

Frères qui vivez en France, pensez à moi…
Jusqu’à mon retour lointain
Je cherche des réponses dans les vagues de l’étrave
Je sais que je suis différent…
Par Pascal Dufrénoy - Publié dans : En Irlande...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 10:03


Sous l’écharpe bleue de la nuit
April in Paris
L’oiseau de feu s’est endormi
Sur Manhattan la brume danse
320 pulsations minutes…
A quoi penses-tu quand tu joues ?


Sous les néons, Harlem ondule
La poudre blanche agresse le cuivre
Casse les accords du vieux guerrier
Cherokee…
Tu t’es enroulé…
Sous l’écharpe bleue de la nuit.
April in Paris
Solos infinis, cuivres forgés dans l’absolu
Charlie tu m’as encore mystifié
320 pulsations minutes…
Plus loin
Dans les brouillards, l’oiseau s’endort
Be-bop, be-bop…
Rayons cosmiques, astéroïdes…
Sous la perspective aérienne, accords incandescents
Les grues de métal saluent ton envol
Oiseau de feu
As-tu trouvé le bon tempo ?
As-tu trouvé le vrai repos ?
Par vagues, le saxo s’évapore
Comme dans un rêve déjà fini…
Cherokee…
Il tombe une poudre blanche
Tu as gardé les clés du royaume
Envole toi… Bird… Envole toi
Par Pascal Dufrénoy - Publié dans : Amérique du Nord...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 18:25




Elle était l’éclat de jade du temple enfoui
Du monde abrupt et froid aux rives de la cité de la joie
Je traçai des signes sur les murs dans l’usine des anciens temps.
Je raturai le quotidien, marquai d’une entaille chaque étape,
Elle me conta des histoires de chez elle où les murs furent brisés
Par un griot qui marchait sur le fil du rasoir.
Était-elle réelle ou fumée ? Je m’en fiche à présent…
D’un rire à l’autre, d’un éclat à l’autre
Nous nous blottissions au fond de la cité là où les yeux des passants ne pouvaient nous percer.
S’est-on moqué de moi, m’a-t-on menti ?
C’était compréhensible comme je n’ai pas grandi ou vieilli, est-ce que c’est pareil ?
Est-ce que le bonheur, c’est de ne rien dire et de se cacher ?
Les papiers gras envahissent Pacific Palissade,
Ponctuations humaines sur la page immaculée de l’aube urbaine
Et les cotonneuses vagues de l’océan sous l’horizon de verre si ténu et si fragile,
Emportent toutes les lumières de la nuit et les éclats de jade.
Elle contempla mes signes sur les murs que j’étouffai
Et déclara : « Le griot t’aurait bien aimé
Et je sais que tu lui ressembles ».
Il y avait à cette heure de curieuses vibrations, elles cachaient un abîme…
Elles n’avaient cessé de se ramifier sur ce continent,
Il existe des murs que l’on ne peut détruire ou étouffer.
Le cri de la mouette, la fraîcheur du vent…
La cafétéria est encore fermée, il va faire chaud aujourd'hui
La radio sur une fenêtre dit « Un nouveau président est élu »
Nous nous sommes réfugiés près du sémaphore où la lumière est plus douce,
Elle m’a dit, « je suis de passage, mais c’est mieux ainsi,
L’heure présente, prenons là, gardons là tant que l’on peut »
Et les cotonneuses vagues de l’océan sous l’horizon de verre si ténu et si fragile,
Emportent toutes les lumières de la nuit et les éclats de jade.
Et les papiers gras de Pacific Palissade sur les coussins des terrasses
Ponctuent le sable de graffitis dérisoires.
Los Angeles, cité de la joie, aux rives du monde abrupt et froid…
Je vois un vieillard noir qui palabre, « Mon fils, je crois que tu es dans le vrai »
Mais ce n’est que le vent qui appelle le cri des mouettes.
Chaque oiseau apporte une nouvelle d’Afrique
Sur des enfants en chemin et des vieillards indulgents.
Et des murs qui s’effondrent dans des nuages de poussière rouge.
L’aurais-je gardée ? On n’enferme pas le vent, ni les vagues, ni le cri des oiseaux.
Elle avait des éclats de jade dans ses yeux qui lui donnaient toute la sagesse du monde
Le soir, dans les dunes, j’entends sa voix qui raconte.
Je ne suis pas malheureux, je sais qu’elle parcourt le monde
Je vis sur la terre, c’est suffisant comme raison d’être satisfait
Sur les palissades, je rature le quotidien, marque d’une entaille chaque étape.

Et les cotonneuses vagues de l’océan sous l’horizon de verre si ténu et si fragile,

Emportent toutes les lumières de la nuit et les éclats de jade.

Et partout, sur la planète, des murs s’effondrent dans des nuages de poussière rouge
Chaque oiseau apporte une nouvelle d’Afrique
La radio sur une fenêtre dit « Un nouveau président est élu »
« Mon fils, je crois que tu es dans le vrai »
(février 2009)
Par Pascal Dufrénoy
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /2009 14:41






Il trempait dans le Gange ses mains de musicien.
Fleurs d’avril brisées que le courant flétri.
C’était un autre temps…
Les anciens du village accroupis sur les rives,
Les yeux vers le couchant, fumaient en devisant
D’étranges cigarettes dont les volutes épaisses
Parfumaient les pensées des hommes d’Occident.
Les bûchers rougeoyaient…
Et leurs fumées douçâtres
Rappelaient aux passant l’éclair de la vie.
C’était un autre monde…

Il trempait dans le Nil ses mains de chiffonnier
Plaies de feu dévorant que le courant apaise.
C’était un autre temps…
Les enfants du vieux Caire étendus sur le sable
Les jambes brisées dans l’ombre chantaient en s’endormant
D’éternelles comptines dont les airs lancinants
Egayaient les oreilles des femmes d’occident.
La misère suintait…
Et ses blessures saignantes
Rappelaient aux touristes l’impitoyable règle.
C’était un autre monde…

Elle trempait au Niger ses mains d’enfant martyr
Boucliers dérisoires que la lèpre ravine
C’était un autre temps…
Les femmes du Bénin attroupées sur les places
Le regard résigné écoutaient en pleurant
La chanson du griot dont la mémoire immense
Etonnait l’assurance des chercheurs d’occident.
La maladie mordait…
Et les moignons béants
Rappelaient aux curieux la souffrance d’un peuple.
C’était un autre monde…

Elle trempait dans la Seine ses mains de Colombine
Bras troués de mille point que la fièvre dévore.
C’était un autre temps…
Les passants du Pont-neuf affairés par la ville
Les paupières soudées fuyaient sur l’autre rive
La plainte du mal-être dont le murmure discret
Ebranlait l’amnésie des parents d’Occident
Le poison s’infiltrait…
E les veines durcies et la peur du manque
Rappelaient aux aveugles l’horrible indifférence
C’était un autre monde…
Par Pascal Dufrénoy - Publié dans : Monde...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /2009 17:08

 

 

Sous les arcades, quelques vieillards poudreux tendent l’oreille à la rumeur citadine. J’écoute des airs de bastringue, chansons épaisses, poisseuses et lourdes, la Gueuze Lambic inonde les fontaines, Mort-Subite des pigeons… Fauchés dans la fleur métallique de leurs plumages d’acier…

 

De ce côté-ci, de la place, des bambins patauds, roses et repus, dévorent des gaufres grasses, blondes et trapues. De l’autre côté, le monument joyeux d’une guerre bon-enfant se dresse… Pivot des promenades digestives et salaces, le rappel permanent de la douceur de vivre…

 

C’est le m ois d'août, l’après-midi… Un jour de fête foraine à Ypres

Par Pascal Dufrénoy - Publié dans : En Belgique...
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles

Articles récents

liste complète

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Profil

  • : Pascal Dufrénoy
  • Le blog de Pascal Dufrénoy
  • : Homme
  • : France Nord
  • : cheminots scribe
  • : Poussière sur les chaussures et pas envie de m'arrêter...
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus