Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 17:00


Fraîches ondées du matin, vitres ruisselantes.
Le front posé sur la surface…
Peaux de verre sur jardin d’émeraude.
Le vernis des embruns luit sur tes yeux paisibles…
Le merle, le vagabond céleste
Se cache solitaire sous le laurier fardé…

J’observe, silencieux
L’averse cristalline.
Sept heures sont posées au fronton de la mairie…

Par Pascal Dufrénoy - Publié dans : En France....
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 17:07

 

Où il est dit que malgré leur plumage, les hommes ne sont pas des Phénix...

 

 

 

On retourne souvent vers ces racines. Nous sommes des Prométhées modernes, nous n'avons

pourtant droit qu'à un nombre limité de résurrections... C'est ce que vous apprend la cinquantaine. Le Phénix est éternel, il a le choix entre faire un nombre incalculable d'erreurs ou être un dieu omniscient et infiniment sage... Pas nous...

Mes racines chevauchent une frontière qui n'existe que sur le papier... Un pied en Belgique, un pied dans le Nord de la France, cette région qui se donne de faux airs d'Angleterre avec ses vieilles usines qui disparaissent et ses murs de briques... Cet endroit qui est bien plus subtil, plus ambigu que ne peut le laisser croire un succès de cinéma si attendrissant fut-il. Cet endroit, c'est chez moi, l'endroit où je suis né et certainement celui où je vais mourir. C'est pourquoi j'écris ces lignes qui ne sont ni histoire, ni chroniques, des lignes qui ne portent pas de nom, comme cette région qui n'est pas la Belgique, mais qui n'est déjà plus la France...

C'est une série de ballades impromptues que je vous propose, une ballade par le biais des rêveurs (ils sont innombrables, ici), des « écrivants ». Pour quelles raisons? Peut-être tout simplement vous montrer les nuances imperceptibles des ambiances et des sentiments de cette contrée où se côtoient le pire et le meilleur.

Pour les citoyens belges, la « Belgitude » n'existe pas, ce terme se révèle même péjoratif, paradoxalement, je suis plutôt d'accord avec eux. Mais, je n'ai pas ce scrupule en ce qui me concerne, ma qualité de frontalier, ma mère est née près de Gand et y a vécue toute sa petite enfance, m'autorise à parler de ma « Belgitude » à moi.

Un sentiment de compréhension et de communion pour un état d'esprit, une atmosphère indéfinissable, celle d'un pays que l'on dénigre souvent, mais qui intrigue toujours...

Bienvenue donc dans ma « Belgitude » personnelle... Certes, on pourrait croire qu'à l'instar des vrais apaches éprouvant du mépris pour les « sang-mêlé », les natifs de Namur ou de Coxyde ressentiront une sainte colère envers cette initiative. Ce serait mal connaître ces gens, souvent dépeints comme un peu « lourds » à travers les médias prodigues en clichés. Bien au contraire, les Belges ont très souvent la finesse de s'amuser de ces fadaises, ils s'en servent au contraire pour mieux surprendre le visiteur et souvent l'émerveiller.

Je n'aborderai pas le problème des communautés, car là n'est pas le propos. De plus, ma famille comporte à parts égales des Flamands et des Wallons, et je n'ai jamais entendu parler de vendettas particulières dans la saga de ma tribu. Donc «Flamons »  ou « «Wallands », moi ce qui m'intéresse ce sont les gens...

A l'heure où j'écris, le pâle soleil de novembre s'estompe déjà... Le ciel est doré... Comme une dernière politesse avant la nuit... Les briques sont roses ou plutôt carmin... Ce n'est pas Liverpool, ni Anvers, un mélange des deux peut-être? Qui mieux que Camille Lemonnier peut dépeindre la Flandre?

« Toutes les routes, en Flandres, mènent à des beffrois, à des églises, à des hôtels de ville, à des tombeaux ; elles longent d'actives rivières, des canaux dormants, des campagnes où lèvent le chanvre, le colza, le froment et le lin comme le symbole des races ; et elles vont à la mer. Tous les chemins en Wallonie, conduisent à la bure, à la carrière, à la fabrique et au laminoir ; des bois, des roches, des champs noirs les bordent : et ils se perdent au coeur profond de la terre »La Vie Belge – 1888)

Même si le pays est moderne, la toile de fond est immuable, rien n'a véritablement changé. De la fenêtre de ma chambre lorsque j'étais petit, c'était ce même paysage que je contemplais, cristallisation de ces minuscules tranches de vie...

« Enfants, nous dessinions dans la buée des vitres :

notre doigt les ouvrait ainsi.

Les traversait peut-être comme seul un chat

peut encore s'y obstiner. » Francoise Delcarte – Levée d'un corps d'oubli sur un corps

de mémoire.

Voilà, le décor est planté, j'y reviendrai, souvent... Encore un bon moment...

Rappelez-vous, j'ai mangé mon crédit... Il me faut utiliser le temps qui m'est imparti au mieux, alors, je flâne, c'est ce que je sais faire de mieux, il paraît...

La prochaine fois, je vous parlerai de l'eau, si présente ici, la mer et les cours d'eau, lorsque tout se confond et s'exalte en lumière...

Par Pascal Dufrénoy - Publié dans : Un pied de chaque côté...
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 14:12
Les dames de la forêt retournent aux éléments...

Par Pascal Dufrénoy - Publié dans : Mythographies
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 12:15

 

Hier après-midi, les personnes hébergées au foyer « les Cattelaines » de Haubourdin ont participé à l'anniversaire des dix ans de l'opération « Les Fenêtres qui parlent ». Sous direction de Dorothée Baert-Dernis, la bande a défilé, en musique, dans les rues de Lille et les couloirs du métro. Nous les y avons suivis.

Dorothée Baert-Dernis est heureuse que son groupe ait pu participer à cette journée.

 

 

« Les fenêtres qui parlent, vous connaissez maintenant. » Depuis une décennie, le collectif d'associations « Réso asso métro » organise cette action festive, populaire et culturelle dans les rues de Lille ou les rames du métro. Mais cette fois-ci, nous nous sommes plus particulièrement intéressés à un groupe d'Haubourdin, emmené par Dorothée Baert-Dernis. Directrice du foyer de vie et du service de jour « les Cattelaines », elle consacre sa vie à celle des autres. En l'occurrence, celle des déficients mentaux.

Son foyer fait partie de l'association « Les Papillons blancs de Lille », qui vient en aide aux personnes handicapées mentales.

La joyeuse troupe, composée de treize personnes, a déambulé, en musique, tout l'après-midi d'hier dans les rues de Lille et les couloirs du métro. Le point de rendez-vous était fixé à l'arrêt Calmette, C'est déjà la cinquième fois qu'ils participent à cette manifestation. Et, visiblement, ils semblent apprécier.

« Cette opération leur permet d'accéder à une certaine forme de vie sociale, explique Dorothée. C'est l'inverse de la marginalisation du handicap. » Sa collègue Rozenn, éducatrice au service de jour, précise : « Ils ont confectionné un parapluie, sur lequel sont accrochées des petites fenêtres, et se sont beaucoup investis dans la préparation de l'événement. Le travail de collage, de découpage, ce sont des choses qui les tirent vers le haut. »

Car l'art semble être très important pour le développement personnel des occupants du foyer. « La pratique artistique est un bon moyen de dévoiler ses sentiments. confirme Dorothée. Et ils en ont besoin. C'est parfois un des seuls moyens qu'ils ont pour s'exprimer.

 » On sent le plaisir dans les yeux de cette femme à l'allure jeune, qui déclare « trouver son bonheur dans les sourires de ces personnes-là. Elles ont beaucoup à nous apprendre. » En tout cas, ce samedi, les passants qui profitaient du bref retour du soleil dans les rues lilloises n'ont pas fait attention au handicap des membres du groupe. Ils les ont considérés comme de festifs participants aux « fenêtres ouvertes ». C'est-à-dire pour ce qu'ils sont vraiment. •

 

Source :  VICTOR SAISON-WILLOT  - La Voix Du Nord - Lambersart

 

Par Pascal Dufrénoy - Publié dans : Près de chez moi... Près de chez vous?
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 10:45


























Des mômes courent au bord de la rivière
Cavalant vers un lendemain où il n'existe pas d'alternatives
Des nuées orageuses s'accrochent à la colline
Une odeur de grillades dans une baraque au bord de l'autoroute




Salut à toi, pèlerin fourbu
Les touristes s'enflamment dans leurs périples programmés
Pas de répit, pas de rencontres, pas d'escales, les minutes sont comptées


Le chemin m'a parlé aujourd'hui
Mais qui écoute ces messages poussiéreux?
Je suis allongé là près du vieux qui chantonne
Retrouvant les visages de jadis


Il chante un air du temps d'avant la frénésie
L'aïeul jette des pierres en l'air et se lève
Sachant le lieu et le moment pour se mettre en route
Il n'y a pas de secret
Rien qu'un sac usé aux bretelles de cuir.


Posséder une idée pour continuer la route
Tu as les jambes raides et un ultime mégot
S'asseoir à une table de café braillard
Et boire de la bière fraîche et des mots


Le chemin m'a parlé aujourd'hui
Mais qui écoute ces messages poussiéreux?
Je suis allongé là près du feu qui crépite
Retrouvant les ombres de mes frères



Le gamin demande : Pa, que faut-il faire pour être heureux?
Où que tu ailles, tu emportes ton histoire, ce sont des fragrances de jeunesse
Ce sont les murs de la maison où tu vas vieillir, fils! N'oublie pas cela.

Je t'ai entendu, vieil homme, le chemin m'a parlé aujourd'hui.


Ma demeure est vaste, je n'en ai pas encore fait le tour
Pour une grillade ou un sourire
Je transmets des messages poussiéreux
Il n'y a pas de secret
Rien qu'un sac usé aux bretelles de cuir.


Des mômes courent au bord de la rivière
Cavalant vers un lendemain où il y a un peut-être...
Je suis allongé là près du vieux qui chantonne
Il chante un air du temps d'avant la frénésie

Il n'y a pas de secret
Rien qu'un sac usé aux bretelles de cuir.

(février 2009)
Par Pascal Dufrénoy - Publié dans : Sur la route...
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